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Quand viendra-t-elle ? est une nouvelle de Brianne Battye.[1] Elle a été publiée le 4 décembre 2021 lors de la célébration de la Journée Dragon Age.

Quand viendra-t-elle ? - Illustration

Nouvelle[]

La Garde des ombres Evka Ivo gémit en s’appuyant contre la pierre rugueuse. L’ogre était mort. Une dizaine de flèches transperçaient sa gorge, et le côté gauche de son crâne avait été enfoncé par l’ultime coup qu’elle lui avait asséné avec son marteau de guerre. Elle pouvait se reposer quelques instants.

« Ils sont sortis », l’interpella Antoine, le Garde des ombres posté au-dessus d’elle.

« Parfait », lui répondit Evka. Les deux Gardes venaient de s’interposer entre de malheureux mineurs et cet ogre venu les tuer. Bien sûr, cela leur avait valu quelques ecchymoses. Et peut-être même une côte fêlée. Antoine se laissa glisser sur le sol à côté d’Evka, grimaçant sous la douleur. Tous deux s’étaient allongés sur le dos, regardant danser les ombres sur le plafond de la grotte.

« Nous aussi, on s’en est sortis », souffla Antoine. Il prit une pierre dans sa main et se mit à jouer avec. L’elfe ne tenait jamais en place.

« Pour cette fois. »

Antoine rit. « T’as déjà dit ça, la dernière fois qu’on a combattu un ogre. »

« C’étaient des ogres, la dernière fois. Il y en avait plusieurs. Le troisième a failli t’arracher la tête. »

« Ouais, mais j’ai pu tester une nouvelle formule ! »

Evka sourit, tandis que la puanteur corrosive de la mixture d’Antoine lui revenait dans les narines. « C’est vrai. Et t’as failli nous réduire en bouillie tous les deux. »

« Je n’avais pas dit que c’était un bon plan. » Antoine lança son caillou en l’air et le rattrapa. « Depuis, les hahl sont retournés paître dans ces champs. Il y avait des faons, la dernière fois qu’on est passés. »

« Tu te souviens des engeances, près de Kessel ? » Evka s’en souvenait bien. La présence viciée des engeances, qui avait empoisonné l’eau. Ces marécages infects, qui débordaient de boue grise. Les oiseaux qui mouraient. Les villageois qui imploraient de l’aide, entre deux quintes de toux gargouillante. Partie seule du village, Evka était tombée dans les griffes d’une horde monstrueuse. « Tu étais malade », se rappela Antoine. « Mais tu m’as fait gagner du temps. »

« Et tu as arrêté la progression de la corruption. »

« Tu m’as dit que je te devais de la soupe. » Antoine lança à nouveau son caillou.

« Il y avait aussi ce démon, au mont Mardain. »

« Je déteste les démons », murmura Antoine.

« Il avait pas l’air de t’apprécier beaucoup non plus. »

« En attendant, notre livre a été à peine roussi. C’était un truc à suspense. On en était au dernier chapitre. » Le visage d’Antoine s’éclaira. « Et les hurlocks des confins, tu te rappelles ? Je m’en étais mieux tiré que toi. »

« J’en garde à peine une cicatrice. Moi, au moins, j’ai pas été mordue par un... c’était quoi, ce truc à la lisière d’Arlathann ?

Antoine passa brièvement sa main sur son épaule. « Je ne le sais toujours pas. Mais on a survécu. Même si on a failli y passer. »

« C’est sûr que les façons de mourir manquent pas, quand t’es Garde », poursuivit Evka.

« On a encore beaucoup de jours devant nous », contra doucement Antoine.

« Dernel a répondu à son Appel », continua Evka.

Antoine ne répondit pas. Il posa sa pierre. Il ne le savait pas.

Dernel n’était pas tellement vieux, mais la corruption de l’Enclin qui rongeait son sang – comme celui de tous les Gardes –, lui avait fait sentir que c’était la fin. Evka l’avait accompagné dans les Tréfonds, une dernière fois. Il allait mourir en combattant les monstres qui s’y trouvaient.

« Quand tu es Garde, la mort finit par te prendre, d’une façon ou d’une autre », continua Evka. « Ni toi ni moi ne savons quand elle viendra. »

« Si tu n’as pas peur, je n’ai pas peur non plus. »

Evka sentit que des engeances se déplaçaient, plus profondément dans la grotte. Ils n’avaient plus beaucoup de temps avant l’arrivée d’autres monstres. Mais ils pouvaient rester encore un peu.

« Redemande-moi », invita-t-elle.

Antoine ramassa à nouveau sa pierre, avant de la reposer. Puis il se tourna vers elle : « Evka Ivo, veux-tu m’épouser ? »

« Oui. » Et elle l’embrassa.

Références[]

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