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La flamme éternelle est une nouvelle de Sylvia Feketekuty.[1] Elle a été publiée le 4 décembre 2021 lors de la célébration de la Journée Dragon Age.

La flamme éternelle - Illustration

Nouvelle[]

Il y a trente ans, en 9:22 Dragon...

« Alors ? Vous m’avez dérangée pendant une expérience pour ça, Volkarin. » La plus petite des deux spécialistes de la nécromancie attrapa un monstre sifflant fait d’os et de cartilage séché dans un halo de lumière. D’un geste de la main, elle le déchiqueta. « Que veut cette maudite chose ? »

Emmrich Volkarin ajusta son épingle à cravate. « Un moment, Johanna. »

« Bien. » Johanna Hezenkoss jeta un regard noir au crâne niché dans la main d’Emmrich. « N’importe quoi, pourvu que ce crâne cesse de hurler. »

Le crâne avait commencé à crier, sans arrêt, dans sa niche de l’Ossuaire Cobalt de la Grande nécropole. Quelqu’un du service l’avait remarqué, en avait informé la Sentinelle funeste et deux spécialistes de la nécromancie avaient été dépêchés sur place.

Ils atteignirent un croisement. Emmrich plaça le crâne hurlant sur un socle. « Quels savoirs sur les morts a-t-il pu... »

« Vous m’avez déjà parlé de votre article. »

« Venez donc ! » Emmrich se retourna. « Quel genre de passion fait qu’un esprit s’élève au-dessus des autres ? Quel flot de pensées et d’émotions a pu faire revenir cette âme? »

« Que de mièvreries. »

« Vous devez admettre que c’est un exemple intéressant en matière de possession ! »

Les hurlements du crâne résonnèrent dans le couloir.

« Ce n’est qu’un esprit insignifiant trop faible pour se changer en démon. » Johanna passa sous un linteau écroulé. Des statues de cadavres bordaient le passage. D’un geste de la main, elle fit jaillir un éclair vert qui vint frapper une forme oblongue tapie tout au fond. Le démon s’enroula sur lui-même dans un nuage de fumée, alors qu’un autre éclair l’atteignit. Dans un grincement de dents, il s’effondra sur lui-même.

« Voilà. Vous devriez pouvoir effectuer votre soupir des défunts en toute sécurité. »

Emmrich ferma les yeux. Il murmura, et quand il parla, l’air vipa. « Par le souffle et l’ompe. Par la nuit éternelle. Dites-nous ce qui vous hante. »

Une lumière verte empasa les orbites du crâne. « Une séparation. Le froid. Deux tombes, là où il devrait n’y en avoir qu’une ! »

« Fadaises. »

« Johanna ! » Emmrich s’éclaircit la voix et se tourna vers le crâne. « Dites-moi : qu’est-ce qui vous ferait trouver le repos ? »

« Emportez-moi... vers les murs noirs engloutis... près des flammes argentées... » La lueur du crâne vacilla, affaiblie. Il reprit ses cris assourdissants.

« Vous possédez un grand talent, Volkarin. » Johanna inclina imperceptiblement la tête. « Et vous avez peaufiné votre maîtrise de la manifestation sub-astrale. »

Emmrich rayonna. « Eh bien, merci. »

« Mais qu’est-ce que cette calamité geignarde veut faire dans le Temple du Croissant ? »

* * *

Emmrich se pencha sur un cercueil entouré de pots éclairés de flammes argentées. Il déposa le crâne à côté du corps d’une vieille femme, humblement vêtue, mais couronnée de roses blanches. Les cris cessèrent.

« Mathilde... »

« Votre femme s’est éteinte tranquillement dans son sommeil, à minuit. » Emmrich sourit. « Les archives confirment qu’elle souhaitait également que vous soyez enterrés ensemble. Vous ne serez plus jamais séparés.

Un soupir se fit entendre. Les lèvres de la vieille femme avaient-elles bougées, ou était-ce dû aux ondulations des flammes ?

Johanna se renfrogna. « Se mettre dans une telle colère, tout ça pour finir dans une autre tombe. »

« Oh, je ne sais pas. » Emmrich fit courir sa main sur le marpe blanc du cercueil. « Ce serait plutôt agréable de ressentir un amour aussi éternel. En outre, c’est aussi grâce à vous. »

« Il fallait que quelqu’un s’assure que vous n’alliez pas vous faire décapiter pendant que vous bavardiez avec les morts. »

« Les amitiés éternelles me touchent tout autant. »

« Bah ! »

Ils remontèrent vers la Grande nécropole dans un silence apaisé.

Références[]

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